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Docteur c est grave ?

Docteur c est grave ?



On incrimine souvent l’hormone des femmes. Ainsi m’exprimais-je un jour
auprès d’un médecin et futur amant. Je lui avouais de go que j’avais des
envies de sexe. Je m’effrayais moi même de ma lubricité. Mon passé et
mon éducation ne m’avaient guère habitué à cela. Je fus même un temps
pudique voire coincée. J’avais conçu le mariage comme une entrée
solennelle dans la vie bourgeoise et une façon de faire de beaux enfants
à son mari. Celui-ci me prit vierge. Je pris goût modérément à la chose.
Je concevais un peu débiles ceux qui s’aliénaient à ce vice et y
brûlaient leur vie. Ainsi le statut de jolie femme me pesait. D’un
sourire indulgent j’écartais grivois et prétendants. J’appris à mes
dépends ce que voulait dire : démon de midi.

Deux événements changèrent la donne. Un collègue me convainquit que
j’étais mal employé et exploité par le patron. Il m’enjoint de faire
comme lui. De démissionner et d’œuvrer à titre d’auto entrepreneur.
Après qu’il m’eût apporté les preuves de son succès. Je fis la chose à
moitié. Je me mis à mi-temps et montais une affaire. En fait je
débauchais une partie des clients de mon employeur. Mes rapports se
tendirent avec lui. Il préféra négocier avec moi de mon licenciement. Je
volais désormais de mes propres ailes. Mes outils étaient la voiture et
l’ordi. Je pouvais à loisir organiser mes journées conjuguant métier,
gestion des enfants et d’un ménage.

Le second événement fut la révélation douloureuse que mon mari me
trompait au bout de vingt ans d’une union apparemment bénie. Je mets à
présent cela sur le compte de l ‘ouvrage du temps. A l’époque je ne fus
si indulgente. Bouleversée j’en fis part à mon ami médecin. J’avais trop
honte à me confier à d’autres ou ma famille. C’était avouer que la
déesse avait chu du piédestal ce dont nombre se fut réjoui. On a point
de secret pour un médecin. Celui-ci mit vite sur le compte de ce
bouleversement, tous les symptômes dont je l’entretins. Notamment
palpitations et insomnies.

Je craquais ce jour-là fondant en larmes. Moi naguère si froide et
distante paraissant à ce titre inexpugnable, il perçut cette fois la
faille ou la brèche où s’engouffrer. Je crachais toute ma bile. Je ne
concevais que mon mari me remerciât de la sorte de mes sacrifices. Les
mâles descendaient en mon estime. D’une lettre anonyme je sus que ma
rivale était une jeune femme employé par mon mari. On avait même eu la
charité de m’adresser la photo avantageuse de la personne. Ma déroute
était complète. Je rêvais un instant de vengeance voire scandale. La
réputation de mon père cependant m’arrêta.

Mon médecin de bon conseil me représenta que je devais me reprendre. Je
ne devais me donner en spectacle. Si j’avais envie de parler et
m’épancher il m’en ouvrir à lui. Ainsi devint-il en sorte un confident.
J’oubliais vite que cet homme à l’instar des autres eût des vues sur
moi. Il s’insinua ainsi dans ma vie. Le serpent ne fit autrement dans le
jardin d’Eden. Lorsqu’on est en naufrage on accroche la première planche
pourrie. Je me trouvais laide à présent dans mon miroir. Cinquante ans
avaient sonné. J’étais nantie de rondeurs. Je m’avisais d’adopter les
cheveux courts. Je me résignais d’une certaine façon à ne plus plaire.

Heureusement j’excellais dans ma nouvelle activité. Mon mari s’en
réjouissait. Il crut s’autoriser avec ma relative bénédiction l’achat
d’une nouvelle auto. Monsieur flambait. La jalousie me souffla qu’il
devait dedans s’amuser avec sa pétasse. Cette pensée me rendit ivre de
rage. Fut-ce à cause de cela que je dus de faillir. Je devais recevoir
dans l’après-midi un client. Je devais le récupérer à la gare TGV
proche. Je trouvais bon de l’accueillir dans la nouvelle auto. Mon mari
était ce jour-là à Paris. Le bolide serait du plus bel effet en ce chaud
jour de mai. J’étais en une jupe courte. Il ne m’effleura pas que je pus
être indécente. Les regards du client me firent réaliser cela trop tard .

Le coquin dut penser que c’était volontaire et que sûrement étais-je
résolue à beaucoup pour qu’un contrat fut signé. Il me dragua. Affichant
vulgairement qu’il eût d’emblée signé s’il avait su avoir affaire à une
si jolie femme. Il n’était pas mécontent d’avoir fait le voyage. Bref
j’illuminais sa journée. Il m’invita pour le coup à déjeuner mégotant
sur la table. Celle-ci était réputée en la région. Il se trouva qu’il
signa en effet le contrat. Il trouva bon de sabler cela au champagne. Le
breuvage me fut fatal. Je crus être quitte de devoir le ramener au
train. Il restait deux heures encore . Pour tuer le temps nous flânâmes
près du canal.

Je tâchais tant bien que mal de me reprendre. Il était trop tard. Sa
main dans la voiture s’était hasardée jusqu’à ma cuisse. Je le repoussai
en vain. Il me représenta qu’il avait été grand seigneur. Il est vrai
j’avais bien déjeuné. Le contrat avait été signé. Sotte je convins que
je ne maîtrisais rien et pouvais concéder quelques caresses. En fait
tandis que nous étions garés sous un peuplier, il m’embrassa. L’alcool
nous me rend faible. Je rendis le baiser. L’homme était peu ragoûtant,
chauve tout bedonnant. J’eus pu le repousser. Au contraire je fus
envahie de l’envie irrépressible d’être baisée. Le démon ce jour-là se
réveilla en moi.

Je ne sais si le coquin perçut la profonde métaphysique du débat. En
tout cas il obtint d’être branlé puis sucé. J’accueillis sa main
vicieuse dans ma culotte. Il dévora goulûment des seins que j’avais
gros. Les noms de pute et de salope me furent infligés rapidement. Enfin
il m’entraîna sur la banquette et me lima. Je découvris avec horreur le
délice du sexe que j’avais jusqu’alors réfuté. Je pris mon pied. Mes
gémissements ne furent pas feints. Rouge de honte je n’osais regarder
cet homme content et qui grillait sa cigarette. Il voulut encore et me
foutu en levrette. Ce soir-là je bénis que mon mari fut absent.

Je fus en conciliabule avec moi-même toute cette nuit. Je ne mesurais
pas l’ampleur de la révolution survenue. J’avais tout bonnement goûté
que cet homme me prit comme la moindre des salopes. Il m’importait peu
qu’il eût une opinion méprisable de moi. L’important était qu’il m’avait
révélé une chose terrible et qui avait cheminé depuis trop longtemps. Ma
sensualité s’était métamorphosée. Prise d’une faim nouvelle, j’aspirais
aux découvertes et à ratt****r le temps perdu. Je ne me contenterais
plus de retourner à ma vie grise et d’antan. Nantie d’un tel secret je
crus devoir en parler à mon confident.

Celui-ci loin de me témoigner de la compassion en parut comme irrité. Il
levait une part du masque. Je compris trop tard qu’il trahissait ainsi
un dépit qu’un autre m’eût attrapé avant lui. Il était patent que pour
lui-même il avait projeté cet exploit. Sotte je l’appris peu après à mes
dépens. J’avoue que je mis assez du temps pour n’être plus niaise. Ce
fut ainsi au terme d’un même restaurant où lui-même s’enquit de me
caresser. Là aussi il me fit boire. Il mit un point d’honneur à me
culbuter près du canal. Il avait idée à me punir en réitérant le crime
au même lieu. Même cause, même effet, je goûtais à un sexe qui me
pénétrait enfin et sans cesse.

Je n’avais deviné cet aspect de sadisme et de perversité chez cet homme.
Plus tard il m’expliqua qu’il sautait nombre de ses patientes. Qu’elles
étaient toutes des garces et qu’ainsi il se dédommageait de ce pénible
métier. Ses autres collègues pour parer à cet inconvénient avaient
sombré en d’autres et diverses addictions . Notamment l’alcool ou la
cigarette. Lui avait choisi le sexe. Depuis le premier jour il m’avait
convoité et désespérait de m’arracher à ma belle innocence. Il
escomptait cette fois se payer sur la bête. Désespérée je ne fis point
de manière à ce que ce confident devint un amant zélé et vorace. De
toute façon il vit qu’en la matière j’apprenais fort vite.

Il aimait à jouer et fit de moi son objet. Mes refus et mes résistances
n’exacerbaient que plus ses vices. Il était d’autant plus motivé et
résolu à me vaincre. Moi même je découvris que j’aimais à être forcée
voire humiliée. Cela confinait au viol des fois. Fort vite il m’offrit
devant lui à d’autres mâles. Ainsi je me souviens de la première. A
l’heure du midi il m’emmena en une ferme où demeurait un type, un
créancier auquel il quémanda un rabais en échange que celui-ci put
disposer de moi, salope bourgeoise. Je fus effarée qu’il me livra à ce
petit vieux. Surtout j’étais perplexe que celui-ci put me satisfaire.

Cela se fit sur la paille de la grange devant un âne débonnaire. Mon
médecin observait cela avec son sourire. J’avais sous estimé le paysan.
Il était de toute première vigueur. Je ne fus jamais autant besognée et
fouaillée. J’eus le souffle coupé. Il ne m’épargna guère. Pour en avoir
pour son argent il finit par mon cul s’écriant : « Pour le coup ma pute
je t’encule ! » Une fois de plus je dus admettre que je goûtais ce type
de procédé. Je me résignais à ce titre dont on m’affublait maintenant.
J’étais une putain avérée. J’étais prête à me damner pour n’importe
quelle queue. Trop excité mon amant s’enquit d’user de moi aussi et peu
après.

A cette époque-là je guéris tout à fait des angoisses et des insomnies.
Aux dires du mari j’avais une belle mine. Il mit cela sur le compte de
mon activité professionnelle épanouissante. Il eût été étonné de savoir
qu’outre un amant officiel je ne dédaignais pas de répondre
favorablement à toutes les sollicitations. Par exemple j’arborais les
jours d’été sans vergogne une jupe bien courte. Cela ne manquait pas
d’attirer le chaland. Ainsi tandis que sur un parking de supérette je
remplissais le coffre de l’auto, un type des fois pouvait m’accoster.
Pour peu qu’il m’excita je souriais et l’invitais à me suivre en un
endroit.

D’autres fois je cédais aux instances du livreur de pizza ou du plombier
venu déboucher les toilettes. J’avais appris par le regard et la façon
de marcher à susciter l’érection de tout mâle. Ensuite je n’avais de
cesse de rêver à la queue qui sortirait du pantalon. J’avais envie déjà
de la sucer et la branler et qu’elle me prodiguât tant de bien. Le type
à l’instar de la bouteille de champagne trop secouée m’éjaculerait en
pleine face. Je voulais entendre dire que je n’étais qu’une salope et
qu’il n’en avait vu nulle comparable alentour. Cependant je faisais en
sorte que ce fussent des hommes en couple ou mariés afin qu’ils se
tinrent à l’élémentaire discrétion.

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